
Haghpat, un monastère impressionnant situé dans le village du même nom, est souvent salué comme le site monastique le plus fascinant du nord de l'Arménie. Bien qu'il partage une parenté de style et d'esprit avec le monastère voisin de Sanahin, visible de l'autre côté de la vallée, Haghpat se distingue par des aspects que beaucoup considèrent comme supérieurs. Reconnu pour son importance culturelle, Haghpat a été inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO en 1996.
Le site où se trouve aujourd'hui Haghpat est habité depuis l'Antiquité. Le monastère lui-même fut fondé entre 929 et 953 par le roi Achot Bagratuni. Plus tard, en 976, le roi Achot III d'Ani entreprit la construction de l'église centrale, Surb Nshan (Signe Saint), achevée en 991. À cette époque, la région de Tashir faisait encore partie du royaume d'Ani, mais lorsque l'église fut achevée, Tashir était devenu un royaume indépendant. La chute d'Ani aux mains des Seldjoukides en 1064 marqua le début d'une période de stagnation pour le monastère, et pendant près d'un siècle, Surb Nshan resta son unique édifice en pierre.
En 1118, Tashir fut absorbée par le royaume de Géorgie, marquant le début d'une ère nouvelle et prospère pour Haghpat. La plupart des bâtiments visibles aujourd'hui furent construits durant cette période géorgienne, certains ajouts étant même réalisés sous la domination mongole. En 1223, sur ordre d'Ivane Zakaryan, la forteresse voisine de Haghpat fut construite pour protéger le monastère.
Aujourd'hui, le monastère de Haghpat est un labyrinthe de structures serrées les unes contre les autres, selon une configuration si complexe qu'on pourrait facilement y perdre le sens de l'orientation. Contrairement à Sanahin, dont les bâtiments sont disposés de manière linéaire, l'agencement de Haghpat est presque chaotique, mais merveilleusement bien. On peut déambuler d'une salle à l'autre, chaque transition révélant un nouveau joyau architectural.
En entrant dans le monastère par l'escalier principal, les visiteurs découvrent d'abord la petite église Saint-Grégoire. De structure simple, elle suit un plan basilical. Juste derrière elle s'élève l'imposante église de Surb Nshan, avec son emblématique dôme conique, presque entièrement enveloppée par son imposante voûte. gavit—un vaste narthex couronné d'une tour centrale. Ce gavit, avec son plafond vertigineux et son atmosphère sacrée, domine l'ensemble architectural.
À gauche de cet espace massif se dresse la modeste mais élégante église de Surb Astvatsatsin (Sainte Mère de Dieu), coiffée d'une délicate coupole. Derrière elle se trouve peut-être l'édifice le plus étonnant du complexe : le Gavit d'Amazasp, du nom de l'abbé qui l'a commandé. Bien que son extérieur puisse ressembler à une grande grange sans prétention, un examen plus attentif révèle un génie architectural.
Le Gavit d'Amazasp s'étend sur une superficie incroyable de 330 mètres carrés, ce qui en fait le plus grand gavit d'Arménie. Achevé en 1257, à l'époque mongole, son architecture romane et ses voûtes complexes sont des prouesses d'ingénierie qui ont résisté à de nombreux tremblements de terre. Qu'une telle structure ait pu être réalisée avec les techniques de construction de l'époque relève du miracle.
Une courte montée depuis le complexe principal mène au clocher, dont la conception unique évoque une croix vue d'en haut. Sa base se transforme en un tambour octogonal, dont les angles sont ornés de niches cintrées, dans un style islamique indéniable. Érigée en 1245, peu après la bataille de Köse Dağ et les campagnes conjointes arméno-géorgiennes-mongoles contre les Seldjoukides, la tour pourrait bien avoir été financée par le butin de ces conquêtes. Cette même année marqua la mort de la reine Rusudan, dont le fils avait disparu à Karakorum. La crise de succession qui s'ensuivit allait finalement briser l'unité de la Géorgie. Dans ce contexte, le clocher se dresse comme une élégie silencieuse et en pierre d'une époque révolue de puissance géorgienne-arménienne.
Du XIe au XIIIe siècle, Haghpat était réputé non seulement comme centre religieux, mais aussi comme haut lieu du savoir. Il abritait une école et une imprimerie réputées, où les étudiants étudiaient la grammaire, la rhétorique, la philosophie, la théologie, la musique et d'autres sciences. Le monastère était également célèbre pour sa tradition de peinture miniature, qui prospérait dans ses murs savants.
De nombreuses légendes entourent l'origine du nom de Haghpat. L'une des plus célèbres raconte l'histoire d'un maître d'œuvre appelé à Sanahin pour construire un monastère. Accompagnés de son fils, les deux artisans finirent par se disputer pendant le chantier. Le fils partit furieux, et un autre noble lui confia la construction d'un nouveau monastère, qui allait devenir Haghpat. Lorsque les murs de la nouvelle construction furent suffisamment hauts pour être visibles depuis Sanahin, le vieux maître en fut informé. Un jour de repos, il se rendit sur le nouveau site, examinant la maçonnerie en silence. Finalement, appuyant sa main contre le mur, il s'exclama avec admiration : «Ah, pat !« Quel mur ! » Le père et le fils, séparés, s'embrassèrent, et leur réconciliation donna naissance au nom « Haghpat ».
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