
Komitas, moine consacré, archimandrite de l'Église apostolique arménienne et brillant compositeur, demeure une figure emblématique de la musique arménienne. Pour lui, la musique n'était pas seulement une vocation, mais un sanctuaire, le seul refuge où l'intégralité du spectre de la réalité pouvait être rendue par le son. À travers ses compositions, il a distillé les couleurs de la vie, les tissant dans des mélodies qui définissent désormais l'âme même de la culture arménienne. Komitas est mondialement reconnu comme un ethnomusicologue pionnier, dont l'étude méticuleuse et la préservation des mélodies folkloriques et liturgiques arméniennes ont jeté les bases d'une identité musicale nationale.
Le 29 janvier 2015, le Musée-Institut Komitas a été officiellement inauguré dans le parc Komitas d'Erevan. Ce musée rend un vibrant hommage à la vie et à l'héritage de ce génie musical, offrant aux visiteurs un aperçu approfondi de son parcours créatif et de l'héritage qu'il a laissé derrière lui.
Le Musée-Institut Komitas compte parmi les institutions culturelles les plus importantes d'Erevan. Il rend hommage à la vie protéiforme de Soghomon Soghomonyan, plus connu sous le nom de Komitas, compositeur, folkloriste, chef d'orchestre, chanteur et prêtre ordonné de l'Église arménienne. Son œuvre a inspiré des générations de musiciens arméniens et a propulsé le patrimoine musical du pays au rang de monument mondial. Vénéré non seulement en Arménie, mais bien au-delà de ses frontières, Komitas est largement reconnu comme un gardien de la mémoire culturelle et un symbole de fierté nationale.
En 1906, lors d'un concert parisien auquel assistaient des membres de l'élite artistique, Claude Debussy s'agenouilla devant Komitas, lui baisa la main et le proclama génie. Debussy remarquera plus tard que même si Komitas n'avait composé que La chanson du vagabond, cela suffirait à lui assurer une place parmi les grands.
La vénération pour Komitas est palpable dans de nombreux coins du monde. Un parc parisien porte son nom. Une statue dans le jardin Kamsky de Saint-Pétersbourg lui rend hommage. Au Québec, un monument rend hommage à Komitas et aux victimes du génocide arménien, dont il fut témoin.
En Arménie, son nom orne le Conservatoire d'État d'Erevan et de nombreux autres monuments culturels. Situé non loin du Panthéon Komitas, le musée se trouve sur le côté droit de l'avenue principale Arshakunyats. Pour tous ceux qui s'intéressent à la musique et aux beaux-arts, le Musée-Institut Komitas est une destination incontournable.
Soghomon Soghomonyan est né dans l'Empire ottoman, dans l'actuelle Turquie. Ses talents musicaux se sont manifestés dès son plus jeune âge et lui ont été transmis par ses parents. Il a commencé sa formation au séminaire Gevorgian d'Etchmiadzine. De 1895 à 1896, il a vécu à Tbilissi (aujourd'hui capitale de la Géorgie), où le compositeur et chef d'orchestre Makar Yekmalyan l'a initié aux principes de l'harmonie musicale. Komitas a ensuite étudié la philosophie à l'université Humboldt en Allemagne et est diplômé du conservatoire privé de Richard Schmidt.
Il est devenu l'un des membres fondateurs de la Société internationale de musique et a promu avec passion la musique arménienne lors de divers forums internationaux. Komitas a donné des conférences à Berlin, Paris, Zurich, Lausanne et Venise, où ses réflexions ont captivé un public de musiciens, compositeurs et critiques renommés.
Les contributions scientifiques de Komitas sont très appréciées des musicologues. Il a consacré une grande partie de sa vie à la collecte, la transcription et l'arrangement de chants folkloriques arméniens, les imprégnant de la riche richesse de la vie et des traditions arméniennes. Grâce à ses efforts inlassables, des milliers de mélodies folkloriques ont été préservées pour la postérité, transformant ce qui aurait pu être perdu en une source durable d'identité et d'inspiration arméniennes.
En 1910, Komitas s'installa à Constantinople (aujourd'hui Istanbul) pour poursuivre son œuvre. Mais en 1915, lors du génocide arménien, sa vie fut irrémédiablement bouleversée. Comme de nombreux Arméniens de premier plan de l'époque, Komitas fut arrêté et déporté en Anatolie du Nord. Bien que les efforts du poète turc Mehmet Emin Yurdakul et de l'ambassadeur américain Henry Morgenthau aient conduit à son retour à Constantinople, les horreurs dont il fut témoin laissèrent de profondes cicatrices dans son psychisme. Le traumatisme dévasta sa santé mentale et physique, et il fut finalement interné dans une clinique psychiatrique de Constantinople, puis transféré à Paris, où il passa le reste de sa vie en isolement. Il mourut en France, mais sa dépouille fut finalement rapatriée et inhumée au Panthéon d'Erevan.
Fondé en 2015 à l'initiative du président Serge Sarkissian, le Musée-Institut Komitas a été créé pour immortaliser le nom et préserver l'héritage de l'un des musiciens les plus appréciés d'Arménie. Conçu par l'architecte Artur Meschian, le bâtiment abrite une salle de concert, des expositions permanentes et temporaires, une bibliothèque, un centre de recherche, un studio de musique et une maison d'édition.
Les huit galeries du musée retracent la vie et le parcours créatif de Komitas. On y trouve des objets personnels, des manuscrits musicaux, ainsi qu'une collection de livres, d'œuvres d'art, de sculptures et d'écrits érudits consacrés à sa vie et à sa musique. Les visiteurs peuvent explorer l'étendue de ses contributions musicales, théoriques et spirituelles, s'immergeant dans un univers où chaque note, chaque phrase révèle le génie de Komitas.
Adresse : 28, rue Arshakunyats, Erevan
Tel. : (+374 11) 57-05-70
Heures de travail: tous les jours de 10h00 à 04h30
Fermé: mercredi
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