
Nichée dans une ruelle tranquille près des portes de Sheki, la modeste maison des Shekihanov, datant du XVIIIe siècle, témoigne de l'héritage des Khans de Sheki. Ce petit palais, qui servait de résidence aux proches des khans, est une version réduite du grand palais du Khan, avec une structure rectangulaire à deux étages et six pièces.
La maison des Shekihanov fut construite à la même époque que le palais du Khan. Certaines sources suggèrent qu'elle servait de résidence d'hiver, tandis que d'autres affirment qu'il s'agissait simplement d'une demeure pour la famille du Khan. Il est même possible que cette maison soit antérieure au palais-forteresse et ait servi de résidence au Khan à Nukh, lorsque l'ancienne Sheki était encore la capitale.
En 1806, le dernier khan, Selim, s'enfuit en Perse pour échapper au protectorat russe, laissant derrière lui son frère Fatali, qui occupa brièvement le trône. La famille Shekihan, descendante de Fatali, resta propriétaire de la maison jusqu'à l'ère soviétique. Contrairement à d'autres familles nobles, comme les Bakikhanov, les Talishin et les Khan-Nakhitchevan, les Shekihanov n'ont pas donné naissance à une figure marquante du Pays de Feu. L'extérieur de ce palais paraît quelque peu inachevé, comme un modèle en attente d'embellissements ; seule la corniche est ornée.
Si la façade de la Maison des Chekihanov est considérablement plus modeste que celle du Palais du Khan, l'intérieur est tout autre. De haut en bas, les pièces sont ornées de somptueuses fresques et de fenêtres shabaka en verre vénitien. Les peintures murales et au plafond représentent des scènes tirées des poèmes de Nizami et de diverses figures mythologiques, tandis que le premier étage arbore une somptueuse cheminée.
La disposition de la maison rappelle celle du palais du Khan, avec les mêmes six pièces, escaliers et couloirs non compris. Cependant, contrairement au pavillon de réception du palais, cette résidence était un véritable espace de vie. Le rez-de-chaussée abritait les domestiques, tandis que le deuxième étage était réservé à la famille, divisé verticalement en quartiers masculins et féminins. Le premier étage demeure dépouillé.
Il y a quelques années, du parquet a été installé au deuxième étage, mais une pièce conserve encore un fragment du sol en terre d'origine, qui était recouvert de nattes en hesir (plantes des marais tressées) surmontées de tapis.
Le deuxième étage abrite des pièces réservées aux hommes et aux femmes, transformées en dortoirs la nuit et en salles de prière le jour. La décoration se limite à la shabaka et à des éléments finement sculptés, peut-être des mimbars (niches de prière) ou des cheminées, car les pièces à vivre n'étaient pas décorées de fresques pour éviter de distraire les fidèles pendant les prières. Le plus surprenant ici est la taille réduite des pièces à vivre ; en réalité, la famille du khan disposait d'un espace de vie plus restreint que certains appartements modernes.

La salle principale, qui servait de salon, est magnifiquement décorée, principalement avec des motifs inspirés des poèmes de Nizami, ce qui la rend digne d'un palais de khan à part entière.
L'un des éléments les plus exquis de la maison des Shekihanov est la cheminée, qui est sans doute encore plus élégamment conçue que celle du palais du Khan.
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