
Nichée dans la pittoresque station balnéaire de Surami, dans la municipalité de Khashuri, la forteresse de Surami (en géorgien : სურამის ციხე) se trouve à seulement 55 kilomètres de Gori, en Géorgie. Cette charmante ville constitue un carrefour naturel pour les voyageurs voyageant entre l'est et l'ouest de la Géorgie, réputée non seulement pour ses monuments historiques importants, mais aussi pour son délicieux pain sucré appelé nazuki. Si le temps le permet, une visite de cette forteresse et de ses environs est incontournable pour quiconque passe par là.
Historiquement, la forteresse de Surami occupe une position stratégique au sommet d'une falaise rocheuse surplombant la rivière Suramula. Sa situation, le long des routes vitales menant à la chaîne de Likhi à l'ouest et aux gorges de Borjomi au sud, en faisait une place forte essentielle. Le contrôle de cette forteresse équivalait à la maîtrise de ces voies commerciales et de voyage essentielles.
Les historiens géorgiens font remonter les origines de la forteresse de Surami au XIe siècle, durant les premières années du féodalisme dans la région. Certains suggèrent qu'elle aurait été érigée au XIIe siècle ; quoi qu'il en soit, la forteresse a subi de nombreuses reconstructions au cours des siècles suivants.
Au XIIe siècle, Surami était devenue une ville puissamment fortifiée sous le contrôle des Eristavs, ducs de Kartli. Son importance stratégique en fit une cible fréquente d'attaques, entraînant un déclin progressif de son importance. Elle demeura néanmoins un centre commercial dynamique et, aux XVIe et XVIIe siècles, la forteresse fut reconstruite.
Dans les années 1740, Surami servit de base au prince Givi Amilakhvari lors de ses conflits contre le roi Teimuraz II et les forces perses. Après la reddition du prince en 1745, la forteresse fut démantelée, pour être ensuite restaurée et utilisée par les troupes russo-géorgiennes lors des opérations anti-ottomanes de la guerre russo-turque (1768-1774). Au XIXe siècle, cependant, elle avait perdu son intérêt militaire et tomba en ruine.
La forteresse de Surami, idéalement située sur un éperon rocheux, présente une architecture complexe. L'épaisseur des murs varie, atteignant jusqu'à trois mètres par endroits. À l'origine, le château comprenait un niveau supérieur et un niveau inférieur, dont la partie inférieure a malheureusement disparu.
La forteresse supérieure comprend un mur défensif, une tour, une église, les ruines d'un palais et les vestiges de divers bâtiments agricoles. La tour, qui mesurait autrefois cinq mètres de haut et était de forme pyramidale, était stratégiquement placée au-dessus du mur d'entrée. L'église, située à l'angle sud-est de la forteresse, est une église-halle dont les murs sont en pierre de taille ornés d'une ornementation complexe. Un entrepôt fut ajouté ultérieurement au sud de l'église, tandis que les ruines du palais se trouvent dans la partie ouest de l'avant-poste.
Il est intéressant de noter que la forteresse dispose également d'un tunnel d'évacuation dissimulé, bien qu'il soit actuellement bloqué et inaccessible. Les historiens pensent que ce tunnel s'étendait autrefois vers l'est, sous l'église d'Amaghleba (Ascension), menant au mont Kvartisi, parsemé de sources naturelles qui auraient pu alimenter la garnison pendant les sièges.
La forteresse est imprégnée de légendes, notamment d'une légende qui pourrait trouver son origine dans d'anciennes croyances païennes. Selon ce récit, les fortifications de la forteresse de Surami doivent leur solidité au sacrifice d'un homme nommé Zurab. Les bâtisseurs ont dû faire face à des difficultés constantes, les murs s'effondrant alors qu'ils étaient presque terminés. En quête d'une solution, ils ont consulté une diseuse de bonne aventure qui a proclamé : « Pour que la forteresse tienne bon, il faut enterrer quelqu'un dans ses murs. » Après le sacrifice, les murs sont restés inébranlables. La forteresse de Surami n'ayant jamais été fouillée, les secrets qu'elle recèle restent indéchiffrables.
Cette légende captivante a été ravivée par l'écrivain géorgien Daniel Chonkadze, qui a écrit un roman sur la forteresse de Surami. L'histoire a ensuite été adaptée au cinéma par le célèbre réalisateur géorgien Sergueï Paradjanov, d'origine arménienne, dans son long métrage primé de 1985, La légende de la forteresse de Suram.
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