
Le mausolée de Dombaul est un monument d'architecture ancienne et l'une des plus anciennes structures du territoire du Kazakhstan. La date exacte de la construction de cet édifice sacré est inconnue, mais des preuves indirectes suggèrent qu'il est antérieur à l'Islam, remontant peut-être au VIIIe ou IXe siècle, à l'époque des Huns.
Il n’existe pas d’informations concluantes sur la personne qui a enterré son tombeau dans le mausolée, mais diverses théories abondent. Selon une version populaire, le mausolée commémore Dombaul, un guerrier, musicien et poète qui était un fidèle compagnon de Khan Jochi. Cette hypothèse gagne en crédibilité du fait que le mausolée est situé directement sur le mausolée de Jochi, le fils de Gengis Khan. Selon une interprétation, Dombaul était un ancêtre de l’une des tribus Kipchak et, par le biais d’un réseau complexe de parenté, faisait partie des ancêtres de Börte et donc de Jochi. Si cela est vrai, Jochi a peut-être considéré Dombaul comme un protecteur céleste, le considérant à la fois comme un « gardien » et un « musicien ». Dombaul apparaît également dans le folklore kazakh, en particulier dans l’épopée Er-Targyn, où il est dépeint comme un homme puissant et féroce zaïsan, un chef des Kalmouks qui s'engage dans un duel légendaire avec le héros Targyn.
Cette structure particulière, qui ressemble à un empilement de dalles de pierre superposées, a été construite pendant l'un des khaganats de Kipchak. Le mausolée a la forme d'une yourte ou d'une meule de foin, ressemblant à une pyramide égyptienne miniature. Les murs, faits de pierres mélangées à de l'argile, sont d'une épaisseur impressionnante - pas moins de deux mètres - et le dôme s'élève sur cinq mètres. À l'intérieur, la structure est carrée, avec un sol pavé de pierres plates. Un escalier mène à une chambre sous le dôme, une caractéristique qui distingue Dombaul des autres mausolées, où les pièces restent généralement au niveau du sol.
Une structure comparable est le mausolée de Bayan-Sulu, plus grand et plus récent, au Kazakhstan oriental. Certaines théories suggèrent que Dombaul ne serait pas du tout un mausolée mais plutôt un temple païen. Quoi qu'il en soit, il s'agit du plus ancien bâtiment encore existant au Kazakhstan ; en Russie, seule la mosquée arabe Juma de Derbent, au Daghestan, est plus ancienne.
Pour son « âge », le mausolée est bien conservé, avec seulement des dommages minimes infligés par le temps. Des travaux de restauration sur la structure sacrée ont eu lieu dans les années 1970. Autour du mausolée se trouve un cimetière avec des kourganes (tumulus) recouverts de pierres et un mazar en argile du XIXe siècle. Sur l'une des pierres se trouve un Tamga, un symbole de clan, que l'on retrouve sur de nombreuses tombes de la région.

On y trouve un rare « kourgane à moustaches », une particularité unique de la steppe kazakhe entourée de mystère. Même la datation de ces kourganes est controversée, les estimations allant du Ve siècle avant J.-C. au Ve siècle de notre ère, sans parler de leur fonction ou de leur origine. Ces petits monticules, qui mesuraient autrefois jusqu'à trois mètres de haut, présentent deux crêtes symétriques en forme de fer à cheval s'étendant de 5 à 5 mètres, se terminant par des tumulus plus petits. Certains contiennent des sépultures de chevaux, tandis que d'autres sont vides.
Le paganisme était une religion pratique, fermement ancrée dans les cycles agraires et liée à des dates précises. Le temple païen, qui servait également d’observatoire, surveillait ces dates, les « moustaches » faisant peut-être office de calendrier. Étant donné que les « tombes à moustaches » ont été construites avant même le Khaganat turc, nous pouvons en déduire que Dombaul se trouve sur un terrain véritablement ancien.
Sur la colline voisine, il y a une autre vue intrigante, fréquemment rencontrée dans ces terres : une structure connue sous le nom de ouaouh. Il s'agit d'un vestige d'une ancienne tradition steppique encore vivante chez les Bouriates et les Mongols. Un oboo (également ouaouh or ovaa) est un symbole sacrificiel pour les esprits des cols de montagne, des carrefours et des bassins versants. Pendant des siècles, les nomades ont laissé un cadeau symbolique lors de leur passage, que ce soit une pierre, un morceau de tissu ou une poignée de grains. En Bouriatie, l'oboo est toujours vénéré, mais au Kazakhstan, il a depuis longtemps perdu sa signification mystique, bien qu'ils soient toujours entretenus à des fins pratiques : ces cairns servent d'excellents points de repère, se dressant comme d'anciens points de triangulation dans la steppe ouverte.
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