
Autrefois palais d'un gouverneur de l'émirat de Boukhara, la forteresse de Hissar se dressait fièrement sur le versant d'une haute colline, fortifiée par des murs d'un mètre d'épaisseur et équipée de meurtrières pour les canons. Dans ses limites se trouvaient une piscine sereine et un jardin luxuriant. En face de la forteresse, une place de marché animée prospérait, avec un caravansérail et de nombreuses boutiques.
L'entrée principale était autrefois desservie par de grands escaliers et des terrasses en briques, mais ces éléments n'ont pas survécu au passage du temps. Le palais lui-même a en grande partie disparu, seule subsiste la porte monumentale. Cette porte, construite en briques cuites, est dotée de deux tours cylindriques séparées par un arc en forme de flèche, reflétant le style architectural des portes de Boukhara des XVIIIe et XIXe siècles. Bien qu'il ne s'agisse que d'un fragment, elle dégage un sentiment de grandeur et de respect.
Les légendes locales abondent au sujet de la forteresse. Une histoire raconte qu'elle aurait été construite par Afrosiab pour se défendre contre les armées de Rustam, deux personnages légendaires du Shahnameh de Firdausi. Une autre histoire raconte que le calife Ali, un homme vertueux, s'est rendu dans la région sur son cheval, Duhl-Duhl, pour y propager l'islam. Il a campé sur une montagne aujourd'hui connue sous le nom de Poy-Duhl-Duhl, à l'ouest de Hissar. Déguisé en acrobate, il s'est infiltré dans la forteresse mais a été reconnu et capturé. Son fidèle cheval a récupéré son épée, Zulfikar, lui permettant de vaincre ses ennemis, y compris le sorcier malveillant qui contrôlait alors la forteresse. À proximité, deux vieux platanes, âgés de 500 à 700 ans, se dressent comme des témoins silencieux du passé historique de la forteresse.