
Kamol Khujandi, poète persan du XIVe siècle, a passé une grande partie de sa vie à Tabriz, en Iran, tout en étudiant à Samarcande et à Tachkent. Il a vécu plusieurs années dans la capitale mongole de Saraï, où il avait été emmené par Tokhtamysh. Malgré ses voyages et ses longues périodes d’exil, Khujandi n’a jamais oublié son lieu de naissance, signant toujours ses œuvres du nom de « Khujandi ». Bien qu’il ait vécu la majeure partie de sa vie en Iran, le Tadjikistan le considère comme l’un de ses classiques littéraires, car nombre de ses poèmes expriment la profonde tristesse de la séparation d’avec sa patrie.
Né à Khodjent en 1321, Kamol Khujandi devint un poète renommé dans les années 1350. Au cours de la même décennie, il quitta Khodjent pour se lancer dans un pèlerinage à La Mecque, un voyage qui marquerait son départ définitif de sa ville natale. Entre 1374 et 1382, il s'installa à Tabriz, en Iran, où il poursuivit son œuvre littéraire. En 1385, il fut capturé par la Horde d'or (les Mongols) et emmené à Saraï, en Russie. Dix ans plus tard, lorsque Timur (Tamerlan) envahit Saraï, Khujandi fut libéré et retourna à Tabriz. À son retour, ses disciples compilèrent près de 1,000 1400 de ses poèmes. Kamol Khujandi mourut à Tabriz en 14, et un mausolée fut érigé en son honneur, que les visiteurs peuvent encore voir aujourd'hui. Il est considéré comme l'un des plus grands poètes romantiques du XIVe siècle.
En 1996, un monument dédié à Kamol Khujandi a été inauguré en l’honneur du 675e anniversaire de sa naissance. Placé à l’origine sur la « place de l’Étoile » de Khodjent, le monument est orné d’ailes symbolisant à la fois la sainteté du poète et les ailes de l’inspiration poétique. La figure de Khujandi, assise à 3.5 mètres de hauteur avec des ailes s’étendant sur 5.5 mètres, fait face à son lieu de naissance et au soleil couchant.
L'allée Kamol Khujandi se trouve sur l'avenue Ismoil Somoni, à quelques pas au nord de l'allée des Héros. À l'extrémité nord de l'allée, on peut voir une statue de Khujandi, assis avec un livre ouvert dans les mains. Cinq marches de forme octogonale mènent au monument, qui se dresse dans une zone carrelée. À côté du monument se trouve une ancienne carte de l'Asie centrale et du Sud, montrant l'itinéraire emprunté par Khujandi lors de son pèlerinage à La Mecque. La carte met en évidence les villes qu'il a visitées au cours de son voyage, notamment Tachkent, Boukhara, Samarcande, Khwarezm, Bagdad, Tabriz, Médine et La Mecque, indiquées par une ligne pointillée traçant son chemin.
Le parc qui entoure le monument est spacieux et doté de petits parapets offrant des places assises. Il offre un répit bienvenu à la chaleur de la ville, avec des zones ombragées, des bancs, des fontaines et de la verdure, un endroit parfait pour se détendre et échapper au soleil.
En plus du monument dans l'allée, une autre statue du poète a été érigée en 2014 dans le parc qui porte son nom. Cette nouvelle statue mesure 7 mètres de haut, avec un piédestal atteignant 4.5 mètres. En hommage symbolique à Khujandi, un complexe commémoratif a été construit sur son lieu de naissance des siècles après sa mort en exil. L'espace de 600 mètres carrés comprend un maison symbolique de Kamol Khujandi, ornée de motifs traditionnels tadjiks. À l'intérieur de la maison se trouvent quatre grandes jarres en argile, ou hums, contenant chacune du blé, du riz non poli, de l'huile et de l'eau, symboles de la nécessité de stocker des provisions, une pratique qui fait encore partie de la tradition tadjike de nos jours.